| DOSSIER XXX EXCLUSIF : PORNO DES ANNÉES 1970 |
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Entre 1969 et 1975 le cinéma pornographique envahit les écrans du monde entier. Après avoir été entièrement constitué de films de montage - comme nous l'avons, History of the Blue Movie - il va bientôt connaître ses premiers long-métrages inédit et c'est le réalisateur américain Gérard Damiano qui fût l'auteur de la première véritable fiction pornographique de l'histoire du cinéma. Avec Deep Throat, en 1972, il va toutefois réussir bien plus en créant un véritable phénomène de société autour duquel se cristalliseront toutes les querelles de valeur de la décennie de la libération sexuelle. Les victoires remportées de haute lutte contre les instances de la censure représentées, au cinéma, par le Code Hays, sont perçus comme des combats gagnés contre l'establishment aux teintes conservatrices sur ce sujet. Lutter pour le cinéma pornographique se comprenait comme en engagement en faveur de cette société nouvelle , et comme un acte de résistance à l'égard de l'ensemble des forces tentant de la briser. Ces films porno s'inscrivent donc comme autant de manifestes politiques..
Le succès remporté par Deep Throat, puis par d'autres va pousser de nombreux producteurs et exploitants à participer à l'excitation générale, afin d'en tirer, eux aussi, les profits. En France, cela se manifestera par un bref moment d'euphorie suite à l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en mai 1974, Profitant de l'inattention des censeurs, les écrans français vont voir apparaître non seulement des films érotiques comme Emmanuelle ou Histoire d'O, mais aussi dès 75 les premiers véritables pornos nationaux comme le documentaire Exhibition, de Jean-François Davy qui fût présenté au Festival de Cannes. Engrangeant 600 000 entrées en Paris-périphérie, le succès du film entraînera l'importation séance tenante des grands films américains, ainsi que le démarrage d'une production nationale à laquelle participeront des réalisateurs célèbres, comme Paul Vecchiali avec Change pas de main. Mais le 31 octobre 1975 un décret instituant des règles financières très strictes pour le cinéma pornographique stoppe net le mouvement : du jour au lendemain, la vision du piège industriel se précise, n'augurant rien de bon à l'époque.
C'est ainsi que la promulgation du décret anti-porno de 1975 en France n'est qu'un témoignage parmi d'autres de l'inquiétude qui saisit les gouvernements des différents États occidentaux, qui confrontés à un déferlement de pornographie filmée, la plupart d'entre eux réagissent en prenant des mesures coercitives, discriminatoires ou juste décourageantes. Avant le fin des années 1970, le porno est retombé dans un quasi-clandestinité : à part quelques pays d'Europe du Nord et quelques États d'Amérique, il est désormais l'affaire de salles spécialisées, décrites évidemment comme autant de ghettos à pervers. Pourtant, cela n'empêche pas quelques pornographes inventifs de proposer un cinéma de qualité, aux intrigues, aux situations, et mêmes aux images souvent étonnantes. C'est l'époque du hollandais Lasse Braun , des américains Jim et Artie Mitchell avec Behind the Green Door, du danois Torben Bille , du français Michel Barny (Mes nuits avec. Alice, Pénélope, Arnold, Maud et Richard, 1976). Malgré le sentiment de lendemain de veille qu'éprouvent les pornographes, certains d'entre eux espèrent encore que le porno peut lui aussi participer du septième art. Hustler sera une des entreprises crées afin d'associer la beauté féminine à une tendance plus hard s'inscrivant dans la tendance du marché. Son créateur ? Le bien connu Larry Flint qui marqua dailleurs, à lui tout seul, cette époque des années porno 70 !
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