| DOSSIER XXX EXCLUSIF : PREMIERS FILMS XXX |
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Le 28 décembre 1895, les Frères Lumières projettent pour la première fois en public, les quelques films qu'ils ont réalisés à l'aide de l'appareil inventé par l'un d'entre eux : le cinématographe. Ils ignorent alors que leur invention servira aussi à réinventer des fantasmes érotiques. Avec l'invention du cinéma, pour la première fois, les pornographes disposent d'un moyen de représenter les créations cochonnes avec le mouvement qui, dans la vie réelle, fait tout l'épice de la porno. Les riches amateurs qui grâce à l'aide de partenaires libertines ou de prostituées, seront les premiers à le réaliser.
C'est ainsi que l'acteur Michel Simon ou le shah de Perse, accumuleront ainsi un contenu porno qui n'aura rien à envier à celui des grands collectionneurs de la fin du siècle que sont par exemple Elvis Costello ou Billy Idol.
Maison close-up, etc.. Mais c'est en premier lieu dans les maisons closes que le cinéma porno prend son envol. Pour faire patienter les messieurs jusqu'à ce que vienne leur tour, les plus sophistiquées auront l'idée de leur passer, dans une antichambre aménagée à cet effet, de brèves séquences réalisées, bien sur si possible, avec des pensionnaires du lieu. Si les finances ou les compétences n'autorisent pas une telle fantaisie, les tenanciers de maison close, mais aussi les responsables de clubs de célibataires ou même les associations d'anciens élèves, peuvent a défaut faire appel aux professionnels du cinéma.
En France, le premier film de ce genre date de 1908, s'appelle L'écu d'or, et met en scène un mousquetaire affamé qu'une aubergiste dont la cuisine a été dépouillée choisit de nourrir à sa manière. Tout contenu ayant disparu, il n'en reste aujourd'hui plus que les témoignages.
Avec l'invention de machines plus légères que la caméra 35mm le cinéma pornographique arrêtera d'être l'apanage des maisons closes. Progressivement, le 16 puis le 8mm vont permettre une exploration de plus en plus facile et de moins en moins chère de la représentation du sexe et de la porno au cinéma. Ils autoriseront de nombreux amateurs à réaliser leurs propres films dès la fin des années 1940 mais notons que c'est la diffusion dans les sex-shops, à partir du milieu des années 1960, des fameuses loops, (boucles qui furent longtemps la spécialité des frères Mitchell), ce qui va constituer l'étape décisive dans ce cheminement des supports pornographiques.
Profitant d'un assouplissement de la définition légale de l'obscénité, elles vont former le gros du premier véritable film pornographique de l'histoire : le montage de bandes muettes, de loops, et de scènes inédites, que Alex de Renzy projettera, en 1969, dans sa salle de cinéma de San Francisco. Le climat est à la libération sexuelle, la censure a mauvaise presse, et tout le monde va voir cette History of the Blue Movie, tandis que de l'autre côté de l'Atlantique, les européens se ruent en masse à l'exposition Sex 69 qui se déroule à Copenhague faisant de cette période de l'histoire, la transition vers l'hyper-sexualisation de la société.
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